Difficile d'avoir échappé à la tempête d'hier... Car même chez soi, les portes barricadées, la tempête fait savoir qu'elle est là. Murs qui tremblent, bruit aigu du vent qui transperce les fenêtes... Ca, c'est si tout va bien. Car on n'en finit pas de dénombrer les dégâts, matériels mais malheureusement aussi humains, à travers toute l'Europe.
Mais la tempête, vous la vivez comment vous? Petit tour de la rédac sur cette tempête:
"Vivre la tempête sous sa couette (quand on est malade) a quelque chose aussi de particulier.
Pour peu, on se croirait à la mer du Nord à la cime d'un immeuble en bord de mer. Le chuintement du vent et le souffle des grosses raffales percutant mes fenêtres m'isole de la ville et de ses bruits habituels. Un peu comme la neige qui étouffe le bruit de la circulation fluide du boulevard voisin. Seules les sirènes des "sapeurs pompiers" ou des ambulances cassent cette athmosphère très enveloppante où on a peine à imaginer qu'au dehors les piétons s'accrochent aux réverbères et que les voitures font des écarts involontaires sur la route.
Et lorsqu'il vous arrive d'envoyer votre fils "en rollers" à l'épicerie du coin chercher une douzaine d'oeufs, vous avez un moment d'hésitation. Est-ce bien raisonable? Une petite angoisse le temps qu'il revienne les joues en feu, 10 minutes plus tard: "Maman c'était génial, le vent tout doux. j'ai bien roulé". Ouf!" (Catherine P.)
"Moi les tempêtes, j'aime ça.... quand je suis à l'intérieur! J'aime regarder les éléments qui se déchaînent en tout en étant en sécurité. 17h30. Je sors du boulot et ouvre la radio et là, je déchante! Plusieurs morts, beaucoup de dégats matériels... j'ai une immense sentiment d'impuissance et d'humilité face à la nature en colère. Vivement que cela se calme! Tous aux abris!" (Anne D.)
"Les embouteillages et la fragilité des choses." (Véronique)
"J'ai quitté Bruxelles juste à temps, à 16 h, j'ai pris l'itinéraire bison venteux et ai évité toutes les artères avec des arbres, néanmoins, j'avais l'impression que la capote de ma voiture allait s'envoler. Je tenais mon volant fermement et roulait à 50 km/h (je me suis fait plein de copains ;-)). Arrivée à la maison, tout était intact, par contre un complexe commercial près de chez moi a eu une grosse partie de sa toiture arrachée. Un sentiment de fin du monde, j'étais contente que tous les poussins soient au lit, à l'abri." (Chantal D.)
"Pas de neige en montagne? Peu importe, je me suis adonnée hier, contrainte, forcée, aux joies du slalom sur route. Dans le noir, sur des routes jonchés de branches, où surgissaient de temps à autre un sapin, un morceau de pilône ou de panneau de circulation. Un seul mot d'ordre: redoubler d'attention. Même sur la E411 ou la N4, alors que le vent avait déjà bien diminué. Montée d'adrénaline garantie. Heureusement, tout fut bien qui finit bien." (Renée)
"Tant qu'il ne peut rien m'arriver, j'adore. Autrement dit, du troisième étage du bureau, voir le vent se déchaîner sur les arbres des alentours et l'entendre claquer sur les vitres ou s'infiltrer jusque dans la cage de l'ascenseur, c'est grisant.
Par contre, je dois reconnaître que je faisais beaucoup moins la fière une fois au volant de ma voiture. D'abord parce que tout le monde est stressé et que cela se sent: klaxons, coups de frein... moi qui d'habitude adore conduire... Puis cette impression que ma voiture allait se retourner ou prendre une direction que je ne lui avais pourtant pas demandé! Sans parler des panneaux publicitaires ou des arbres longeant ma route qui semblaient dire "Ouh la la, file, malheureuse, je ne vais plus tenir longtemps!". Bref, super rassurant. Du coup, gros soulagement lorsque le moteur est coupé et la voiture garée. Et plus encore lorsqu'on la récupère sans qu'une grosse branche ait traversé le pare-brise. " (Candice)
En revenant des courses, hier après-midi, j'ai carrément perdu le souffle en voulant entrer dans ma rue: le vent me repoussait de toutes ses forces, comme s'il voulait m'en interdire l'accès! Inutile de dire qu'une fois rentrée, je n'ai plus bougé de chez moi... J'aime bien, en général, écouter les éléments se déchaîner quand je suis en sécurité à l'intérieur; mais hier, ce n'était pas pareil: cela avait un petit avant-goût de fin du monde... Trois fenêtres de la maison se sont brutalement ouvertes, renversant du même coup ce qui se trouvait sur les appuis; la porte de la cave à mazout a brusquement claqué; des débris sont tombés par le conduit du chauffe-bain. Tout tremblait tandis que des soufflements furieux retentissaient à l'extérieur et que l'on voyait voler divers projectiles: branchettes cassées, papiers, cartons... C'est vrai qu'on a l'impression que la maison va s'envoler et cela fait peur... C'est comme si on était dans un bateau en pleine tempête... Alors, quand au petit matin, on n'entend plus rien, si ce n'est le chant hésitant du premier oiseau réveillé, cela fait tout drôle, comme si tout était suspendu... jusqu'à la prochaine tempête????
( J'espère que non, étant donné les tristes nouvelles données aux infos)