Il y a 10 jours, je sillonnais les routes du Bangladesh avec des responsables de la Fondation Damien pour un reportage sur l'action qu'elle y mène pour lutter contre la lèpre et la tuberculose (article que vous pourrez découvrir dans Femmes d'Aujourd'hui le 24 janvier).
J'y avais découvert un pays d'une pauvreté navrante, mais des gens toujours souriants, accueillants, pacifiques et fiers de leur pays. La récolte du riz commençait. Malgré la misère, l'ambiance était à l'optimisme.
Jeudi, la roue a tourné. Une tornade a tué des milliers de Bangladais, détruit ¾ des récoltes, réduit à rien les pauvres habitations de tôle, de bambou ou de pisé.
Le Bangladesh, dont les médias ne parlent qu'en cas de catastrophe naturelle, est revenu à la une de l'actualité. Les ONG spécialisées dans l'aide d'urgence arrivent sur le terrain. Tout est à refaire, et il faudra fournir une aide alimentaire pendant toute la saison si l'on veut éviter une catastrophe humanitaire encore plus grande.
Malheureusement, l'on sait déjà que des catastrophes semblables s'abattront encore sur le pays. Sa situation géographique sur le delta du Gange et du Brahmapoutre, son altitude presque à zéro, l'absence de moyens pour ériger des digues… tout concourt à ce que, réchauffement climatique et montée des eaux obligent, le Bangladesh reviennent encore régulièrement, malgré lui, à la une sur nos écrans.
Aujourd'hui, je pense, avec inquiétude, à tous ceux que nous avons rencontrés sur place. Que sont-ils devenus? Ont-ils été touchés par la tempête? Leur bétail, leurs champs, leurs "maisons" ont-ils résisté? Impossible à savoir! Sinon, peut-être, par l'intermédiaire de Willem, le seul Belge qui travaille pour la fondation Damien au Bangladesh, impossible à joindre pour l'instant.
J'aurais aimé ne garder du pays qu'une image de gens tournés vers l'avenir, confiants. de saris colorés, d'enfants souriants. L'actualité me laisse un arrière-goût amer.
Renée Baguette