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A tout de suite!
Al donna un petit baiser sur le front de Sam.
- Franchement, tu t’es fait pigeonner! En fait, si elle ne m’excédait pas autant, je serais presque prête à reconnaître un certain génie à ma mère…
Du premier étage, Sam jeta un coup d’œil sur le trottoir. A vue de nez, il devait bien y avoir vingt-cinq personnes attroupées autour de Laurence.
- Et tu comptes les laisser longtemps dehors comme ça?
Al alla contempler son œuvre. Il faut dire que cette fois, elle avait fait très fort. De toute évidence, Laurence tentait d’expliquer à ses invités la raison de leur réunion sur le trottoir.
- Je me demande bien ce qu’elle leur raconte… Tu vas voir qu’elle va encore me mettre tout sur le dos!
- Ben, c’est toi qui les empêches de rentrer, répondit Sam avec logique.
- Peut-être mais c’est elle qui m’a piégée! Oh regarde, Chloé, la fille de Monique. Quelle cruche! Le thème de la soirée était «Vive la Crise» et elle s’est habillée comme si elle se présentait au casting de Secret Story. Pathétique…
Dehors, Laurence essayait de détendre l’atmosphère en parlant à ses invités comme si elle était à une soirée de l’ambassadeur.
- Tout cela n’est qu’un affreux malentendu… Ou un problème de serrure. Cela fait longtemps que je dis à Alizée qu’on doit appeler un serrurier.
- Mais alors, c’est elle qui est enfermée à l’intérieur! s’exclama Monique.
- Mais non c’est votre fille qui… commença Ludo.
- Chut! lui intima Laurence. Ah, laissez-moi plutôt vous présenter mes nouveaux locataires. Ludovic nous vient de Paris, il étudie les sciences vétérinaires. Et voici Vincianne…
Chaque fois qu’un bus ou une voiture passait dans la rue d’Avril, tout le groupe se serrait sur le trottoir afin de ne pas se faire éclabousser par une méchante flaque d’eau
- Je retire tout ce que je t’ai dit! chuchota Chloé à sa mère. Elle est fortiche ta copine Laurence pour organiser des soirées inattendues.
- N’en rajoute pas, murmura Monique. Elle doit être très gênée…
Entre deux sourires à ses amis, Laurence était pendue à son GSM.
- Allô Al, Al?
A l’intérieur, Al regardait son téléphone sonner et «maman» clignoter. Pour rien au monde, elle n’aurait décroché.
- En attendant, je me demande comment elle a réussi à savoir pour nous. Je ne lui ai rien dit.
- C’est peut-être un hasard… hasarda Sam.
Al le regarda avec compassion.
- C’est dingue comme vous pouvez être naïfs, vous les mecs! Toutes les nanas réussissent à vous emberlificoter!
Sam réfléchit un instant. Il songea tout d’un coup au kot qu’il croyait avoir trouvé.
- Mais enfin, qu’est-ce que je vais faire, moi?
Al se rapprocha de lui et commença à lui caresser la tête.
- Ben tu vas chercher un kot ailleurs mon bébé, ça me semble assez clair, non?
- Et pourquoi je ne resterais pas ici? s’écria Sam. On n’est pas bien ensemble?
Al réfléchit une demi-seconde avant de dire:
- Tu sais quoi? J’ai changé d’avis. Je vais ouvrir!
- Ah, c’est bien. Te voilà enfin raisonnable!
La manœuvre fut habilement menée. En l’espace de quelques secondes, Al conduisit son amoureux dans le hall, ouvrit la porte, le poussa dehors et referma rapidement sans que Laurence réussisse à en profiter pour rentrer chez elle. Sam avait rejoint les invités sur le trottoir. Perfide, Chloé s’exclama alors:
- Chouette, la porte est réparée! On va pouvoir commencer la fête!
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Après l'immense succès d'Alegria en 2006, le Cirque du Soleil s'invite à nouveau à Bruxelles avec Quidam, le chef d'ouvre de la compagnie canadienne. Entretemps, 12 ans ont passé depuis la première représentation de Quidam en Belgique et plus précisément à Anvers. Plus de 8 millions de spectateurs ont déjà assisté à ce magnifique spectacle dans le monde. Par ailleurs, avec la représentation de Quidam à Bruxelles, le Cirque du Soleil fête sa 10e visite en Belgique !
Quidam, un mot latin qui désigne un passant anonyme, constitue la neuvième production du Cirque du Soleil. Dans le spectacle, ce Quidam joue un rôle central : nous suivons le parcours d'un personnage solitaire, qui hésite au coin de la rue et vit égaré au milieu de la foule. La mise en scène particulièrement fabuleuse de Franco Dragone transforme ce monde anonyme en un lieu d'espoir et d'interactions. Quidam est un spectacle à part entière, qui contient tous les éléments magiques que le public attend du Cirque du Soleil, mais dont la trame est néanmoins totalement différente. Les émotions qui jaillissent en regardant Quidam sont plus intenses et surtout plus dramatiques.
Le spectacle est interprété par plus de 50 artistes originaires de plus de 10 pays. Il compose une mosaïque exaltante d'acrobaties, d'expertise technique, de décors extravagants et d'inspirations musicales exceptionnelles. Tous ces éléments se fondent de manière homogène en un ensemble émouvant et dramatique. Le décor spectaculaire de Quidam comporte notamment une arche de cinqrails distincts, ledit téléphérique, qui permet aux artistes et aux décors de voler sur scène et de disparaître.
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L’appel à l’aide provint de la salle de bain.
- Chérie! cria Laurence en se disant qu’appeler sa fille «chérie» constituait la meilleure manière de se faire envoyer sur les roses.
Elle recommença en y mettant les formes.
- Al! Tu veux bien aller au City pour me chercher de la laque? J’ai l’impression sur la tête d’avoir un champ d’OGM après le passage de José Bové…
Un nouveau silence répondit à sa demande. Laurence insista:
- Aaaaal, s’il te plaît… Vincianne et Ludo sont partis faire des courses! Ils voulaient acheter des chips équitables et des cacahouètes éco-responsables (le thème de la soirée était «Vive la Crise!»).
Le silence qui suivit imposa une décision rapide. Si Laurence ne voulait pas avoir sa coiffure en pétard à l’arrivée de ses invités, il fallait qu’elle y aille elle-même. Et sans attendre! Elle se planta un bonnet de marin sur la tête et sortit. Laurence était particulièrement excitée et elle tenait à ce que tout soit parfait. Elle savait aussi que certains invités étaient très ponctuels et elle ne voulait pas courir le risque d’arriver après eux.
Toute la situation était sous contrôle sauf la rencontre imprévue avec Madame Garcia, juste devant le City Shop. Comme toujours, la voisine tenait à raconter dans les détails la dernière réunion du comité de quartier au cours de laquelle avait été débattue l’épineuse question des riverains sortant leurs sacs poubelles trop tôt. Mais pouvait-on décemment obliger toute la rue à errer sur le trottoir en robe de nuit pour aller déposer ses ordures à minuit? Laurence réussit à se débarrasser de sa voisine en prenant garde de ne pas entrer dans les détails puisqu’elle ne l’avait pas invitée.
Rue d’Avril, Al avait refermé son livre sur la décroissance. Avec tout ce qu’elle avait appris sur la faillite de l’économie capitaliste, elle se sentait de taille à entretenir une conversation avec les représentants du G8! Mais elle doutait que les discussions des amis de sa mère voleraient aussi haut… Ce fut à cet instant que la sonnette retentit. Déjà des invités? Al culpabilisa en se disant que sa mère serait furieuse de ne pas être coiffée pour les accueillir. Elle descendit, posa sa main sur la poignée, ouvrit la porte et…
- Sam?!!!! Mais qu’est-ce que tu fais là?
- Al?!!!!! Ben, et toi?
Sam et Al auraient pu passer le casting du «Monde de Nemo» tant leurs bouches dessinaient deux larges «O». Sam fut le premier à retrouver l’usage de la parole.
- C’est ma nouvelle proprio qui m’a invité pour une fête… tu es invitée, toi aussi?
- Ta proprio?
- Ben oui, une femme sympa! Tu sais, je cherchais un kot, un endroit où l’on pourrait se retrouver et comme tu m’as dit que ta mère n’était pas cool… Je voulais te faire la surprise…
- Une surprise? répondit Al qui manquait décidément d’à propos.
Une légère pression sur la poignée qu’elle tenait toujours en main lui fit comprendre que quelqu’un voulait entrer. D’un geste assuré, Al repoussa la porte et tourna la clé dans la serrure. De l’autre côté, sur le trottoir, Vincianne et Ludo ne comprenaient pas ce qui se passait. Quand Laurence arriva avec la laque en main, elle découvrit un attroupement devant sa maison. Ses locataires avaient été rejoints par Monique, sa fille Chloé et son amie Greta. Claquemurée à l’intérieur, Al refusait obstinément d’ouvrir.
Le groupe de Bertrand Cantat, Noir Désir, est de retour. Pour l'occasion, ils rouvrent leur site officiel et offrent deux morceaux, tout nouveaux tout beaux, à télécharger gratuitement.
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Laurence avait imaginé sa fête d’Automne l’année où son mari l’avait quittée enfin, plus précisément, quand ils avaient décidé d’un commun accord d’arrêter de vivre ensemble.
La néo-célibataire en profitait pour inviter ses amis et choisissait un thème lié à l’actualité. Après le succès de l’édition «Attention Chantier!» en référence aux travaux à rallonge de la place Flagey, elle avait organisé une «Vlaamse chansons d’amour Avond» pour contribuer au dialogue entre communautés mais elle avait eu le bon goût de refuser la suggestion de Al qui avait proposé une «9.11 Evening»…
Cette année, Laurence avait décidé de positiver. Ni la crise financière ni la récession ne l’atteindraient. Cette résolution était d’autant plus simple à tenir qu’elle avait plus de dettes que de placements à la banque et qu’avec la meilleure volonté du monde, elle n’arrivait pas à frissonner des montagnes russes du Bel 20. Le nom de la cuvée 2008 était donc tout trouvé: «Vive la Crise!».
Emoustillée par le côté iconoclaste de la proposition maternelle, Al avait pour une fois activement participé aux préparatifs. Elle avait imaginé des canapés au hareng (plus raisonnables que du saumon), des gobelets de rouge (plus modernes que du champagne), une déco à base d’emballages (plus écolo que des fleurs coupées) sans oublier un dress-code de circonstance. Laurence doutait que ses amies acceptent de se looker grunge mais elle n’avait pas voulu entamer l’enthousiasme de sa fille. Elle était d’autant plus conciliante qu’elle lui avait préparé une surprise! C’était ce soir que Sam allait faire son entrée dans la maison de la rue d’Avril. Bien sûr, Laurence n’était pas officiellement au courant de leur histoire d’amour mais elle avait découvert que Sam était le petit copain d’Al. C’était le hasard qui l’avait amené à regarder le GSM de sa fille et le même heureux hasard qui avait poussé Sam à louer une chambre dans une maison dont il ignorait qu’elle était aussi celle de sa copine. Laurence n’avait rien à se reprocher, elle se sentait blanche comme neige!
Au deuxième étage, Vinciane hésitait entre deux t-shirts sans réussir à faire son choix. Dans la chambre voisine, Ludo chattait sur MSN avec une ex-copine parisienne qui se languissait (forcément) de lui… Au troisième, Al s’était plongé dans un bouquin sur la décroissance. Quelques rues plus loin, Monique (la meilleure amie de Laurence) n’en revenait pas. Jamais elle n’aurait pensé que sa fille serait aussi enthousiaste à l’idée d’aller à cette fête. Philosophe, elle avait renoncé à comprendre les jeunes. Au même moment, dans le métro, Sam rêvassait en écoutant de la techno sur son MP3. Il s’en voulait un peu de ne pas avoir parlé de cette soirée à Al mais il avait préféré lui faire la surprise à leur prochain rendez-vous. Elle serait contente d’apprendre qu’il avait trouvé un kot dans un quartier aussi sympa. D’après ce qu’elle lui avait raconté, sa mère était coincée et c’était la raison pour laquelle Al préférait ne pas l’inviter chez elle. En revanche, la proprio avait l’air cool et elle ne verrait sûrement aucune objection à ce qu’il invite une copine. Sam battait la mesure avec son doigt sur la vitre du wagon. Il était d’excellente humeur, tout roulait dans sa vie! La rame arriva à la station Porte de Namur.
- Et celui-là, tu en penses quoi ?
Monique poussa un profond soupir en regardant sa fille qui sortait de la cabine d’essayage. Si elle ne s’était pas perdue dans ses comptes, il devait s’agir du neuvième jean qu’elle essayait depuis qu’elle était entrée dans la boutique.
- Pas mal, peut-être un peu bas par rapport à la taille… tu ne penses pas ?
Cette fois, ce fut au tour de Chloé de soupirer.
- Si je t’écoutais, je me promènerais avec des bretelles et un duffel-coat toute l’année !
Un instant, Monique se dit que cette perspective l’enchanterait. Elle mourait d’envie de sourire mais elle s’en garda bien. Elle savait que sa fille détestait que l’on prenne à la légère des questions sérieuses et en l’occurrence, le choix d’un jean s’avérait très important. Soudain revigorée, elle échafauda un plan dans son esprit de mère pragmatique.
- Tu sais Chloé, dit-elle sur le ton de la maman complice qui ne lui allait pas du tout. Si tu hésites, tu peux en prendre deux, je te les offre.
- Tu me les offres ? s’exclama une tête qui jaillit du rideau occultant la cabine.
- Oui, avec plaisir…
- Et sans contrepartie ?
- Quoi ?!… s’exclama Monique, indignée. Mais pour qui me prends-tu ?
Le problème était que Chloé jugeait sa mère incapable d’un geste gratuit. Quant à Monique, elle était loin de s’imaginer que sa fille avait deviné où elle voulait en venir.
- S’il s’agit de t’accompagner pour la petite fiesta d’automne de ta grande copine Laurence, tu peux te l’accrocher !
- Mais ?! bégaya Monique… Comment peux-tu penser que j’ai songé à… Et d’abord, pourquoi ne viendrais-tu pas ? Tu m’accompagnes toujours d’habitude !
- C’est justement pour ça, riposta Chloé qui avait quitté la cabine en petite culotte.
- Allez, ce n’est qu’une soirée…
- Une soirée ?! Oui, avec ta copine bobo et complexée et sa chère fifille qui se la joue intello. Laisse-moi rire, je suis certain qu’elle cache bien son jeu, ton « Al » !
Monique courut au-devant de sa fille en écartant son manteau comme Batman prêt à prendre son envol. Elle en profita pour dégainer son arme fatale.
- Ce que tu peux être snob ! Personne n’est jamais assez bien à tes yeux !
- En tout cas, je sais ce que je veux et je ne m’en cache pas ! Je n’aimerais pas que tu sois obligée de louer des kots pour arrondir tes fins de mois ! Je ne veux pas aller acheter mes fringues en hypermarché ! Je ne veux pas passer ma vie à me demander pourquoi mon mec m’a plaqué !
- Chloé !
Monique était tellement choquée qu’elle avait reculé d’un pas en laissant sa fille en petite culotte au milieu du magasin. Ce fut à ce moment-là que passa une jolie blonde avec un piercing au nombril.
- Oh mais vous êtes l’amie de Madame Speeckaert, ma propriétaire. On se voit samedi à la fête, alors ?
- Euh oui, je vous présente ma fille… Chloé.
- Bonjour, dit la jeune fille, moi c’est Vincianne. Cool le jean ! Si j’étais toi, je prendrais le Fuel modèle taille basse extra stone-washed à coutures jaunes. J’ai lu dans un magazine que le modèle serait encore tendance au printemps. C’est un investissement, quoi ! Par les temps qui courent… il faut savoir être raisonnable !
Chloé sourit et se dit qu’après tout, une soirée à la rue d’avril serait vite passée. Surtout si elle pouvait parler fringues avec une fille sensée.