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Les soldes Florian

Laurence, une Ixelloise divorcée de 45 ans, est tombée sous le charme de Florian, qui a pour seul défaut d'être le père du copain de sa fille, Al. Elle a même suivi un stage d'harmonie personnelle qu'il organisait. Le stage à peine terminé, elle se rue dans les boutiques pour refaire sa garde-robe...

- Tu es sûre qu’elle ne me va pas?

Laurence avait beau prendre son air de cocker implorant, rien n’y faisait. Al se montrait intraitable.

- Non… absolument pas! Je t’avais dit que le XS serait trop petit… Mais comme d’habitude, tu ne veux pas m’écouter!

Al réfléchit encore une seconde avant d’asséner le coup de grâce.

- D’ailleurs je serais curieuse de voir comment tu vas faire pour réussir à t’extirper de cette chaussette…
- Très drôle! Je te rappelle que c’est toi qui voulais faire les soldes!
- OK mais quinze jours après le début des soldes, il ne reste que des pièces dont personne ne veut et des tailles impossibles.

«Taille impossible»? Laurence prit ces deux petits mots pour un compliment. Dans la bouche de sa fille, ils signifiaient qu’elle n’avait pas grossi. Après tout, ce n’était pas sa faute si les marques de vêtements choisissaient des anorexiques pour les essayages! Elle contempla encore un instant le t-shirt dans lequel elle était occupée à suffoquer avant de reconnaître sa défaite.

- Tu sais Al, je n’ai pas eu beaucoup le temps cette année…
- Tu m’avais pourtant dit qu’avec la crise financière, il fallait profiter des bonnes affaires!
- Tu ne crois pas si bien dire! s’exclama Laurence en regrettant tout de suite ses paroles.
- Pardon?… demanda Al. De quelle bonne affaire parles-tu? Tu me fais des cachotteries?

Sans répondre, Laurence s’engouffra dans la cabine pour enlever le t-shirt et reprendre son souffle. À en juger par la tête des gens qui faisaient la queue devant la cabine, elle avait pulvérisé le temps d’essayage qui lui était imparti. Elle s’extirpa de son t-shirt, se saisit des deux autres qu’elle avait déjà endossés sans plus de succès et sortit de la cabine. La dame qui la suivait s’y engouffra et sortit deux secondes plus tard en brandissant une plaquette avec l’air triomphant de Derrick venant de confondre le coupable du meurtre de la Oktoberfest.

- Madame! C’est à vous?
- Euh non, enfin oui… c’est au magasin
- Regardez, poursuivit-elle en exhibant sa pièce à conviction. Il est écrit «2» sur la plaquette et vous êtes sortie avec 3 pièces!
- Excusez-moi, lâcha Laurence un peu énervée… J’ai essayé un troisième t-shirt, c’est un drame?
- Un drame? Non, juste un manque caractérisé de savoir-vivre. Quand on vit en société, il faut tenir compte un minimum des autres…

Cette fois Laurence en était convaincue… elle avait vraiment envie de lui faire avaler la plaquette. Elle se dirigea, l’air menaçant, vers la harpie en brandissant son arme quand une vendeuse arriva pour calmer le jeu.

- Allons, allons mesdames! Calmons-nous! Les clients sont toujours un peu nerveux pendant les soldes mais ce n’est pas une raison pour en venir aux mains.

Cette voix? Se pouvait-il que? Non… Laurence eut subitement envie de disparaître six pieds sous terre mais il était trop tard!

- Oh, s’exclama la vendeuse blonde… Mais je vous reconnais, vous! Vous êtes la nouvelle du stage. Vous savez que lorsqu’on est en quête d’harmonie, il faudrait commencer par ne pas agresser les clientes!
- Un stage d’harmonie? lâcha, incrédule, Al.
- Je… je t’expliquerai… répondit Laurence en la tirant par l’épaule pour la faire sortir.

Cette fois, plus aucun doute n’était permis. Avec sa blonde, elle avait vraiment trouvé sa nouvelle pire ennemie!



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