Laurence aime Florian mais Florian, le paltoquet, n'est guère empressé ces temps-ci! La moutarde commence à lui monter au nez…
Quelle idée!
Lui donner rendez-vous dans un fast food à 10 heures du matin… Si c’est tout ce qu’il avait trouvé pour se faire pardonner, il y avait encore du boulot! Et en plus, ce (censuré) de Florian se permettait d’être en retard. Quel culot! Décidément, il n’y avait pas un mec pour rattraper l’autre, grommelait Laurence en mâchouillant son muffin.
Il était 9 h 17 quand Florian entra dans le restaurant au nom rapide et aux calories généreuses. L’homme dont elle avait pensé être amoureuse portait un gros sac et adressa un petit signe à Laurence. Celle-ci était très heureuse de le voir mais elle s’appliqua à ne pas sourire… Il ne fallait pas lui rendre les choses trop faciles!
- Laurence… Je suis désolé. J’ai été retenu et puis je ne trouvais pas de place…
- Il suffisait de partir à temps! songea Laurence mais sans le dire.
- Je te prends quelque chose?
- Non, ça ira. Je ne voudrais pas abuser des bonnes choses… dit-elle, ironique.
- Tu tires la tête?
- Moi? Mais pourquoi je devrais tirer la tête? Tu vois une bonne raison, toi?
Florian ne releva pas. Et Laurence releva qu’il ne relevait pas.
- Ça t’ennuierait de venir avec moi à la gare du Midi? Je dois aller porter ce sac à des amis.
Laurence n’en croyait pas ses oreilles! Non seulement il l’avait délaissée et il était arrivé en retard, maist voilà qu’il lui demandait de jouer aux courriers express. Comment osait-il? Face à un tel degré de goujaterie, elle ne prit même pas la peine de répondre. A défaut de partir en vacances, au moins verrait-elle les trains quitter le quai! Elle soupira et ils prirent la voiture pour se diriger vers la gare. A chaque feu rouge, Florian contrôlait ses messages sur son portable et Laurence sentait qu’il l’énervait de plus en plus.
Quand ils arrivèrent à la gare, Florian lui demanda si cela ne la dérangeait de porter le sac pendant qu’il passait un coup de fil.
- Pas de problème, et tant que j’y suis, je donnerais bien un coup d’éponge sur le pare-brise, se garda-t-elle de répondre.
Ils arrivèrent sur le quai alors que Laurence marchait quelques pas en arrière.
- Hein?! Mais que fait-elle là? se demanda Laurence qui croyait avoir vu Al sur le quai.
Et Sam? Et Ludo? Et Monique? Et Vincianne? Et Tiziano? Mais… Ils étaient tous censés partir en vacances. Elle les avait même salués et conduits à Zaventem! Laurence ne comprenait plus rien. Florian mit un genou à terre, ouvrit son gros sac et en sortit un petit écrin de velours rouge.
- Chère Laurence, j’ai l’honneur de demander ta main… Acceptes-tu de devenir mon épouse?
Laurence jeta un coup d’œil derrière elle. Al lui fit un clin d’œil.
- Et ce sac? répondit-elle sans très bien savoir pourquoi.
- Il nous fallait bien prévoir des affaires pour notre pré-voyage de noces, non? Mais tu dois répondre vite car le train va démarrer!
- Oui…
«Oui»… Ce fut le dernier mot qu’elle prononça sur le quai avait de monter dans train et d’adresser des bisous à ceux qui étaient venus la saluer sur le quai. Al et Sam se tenaient la main. Comme d’habitude, Ludo vannait Vincianne. Tiziano remettait déjà ses lunettes solaires et Monique essuyait une larme. Laurence donna à son tour un bisou dans le cou de Florian au moment précis où le train se mit en mouvement, éloignant Laurence (mais pas pour trop longtemps) de ses chers Chouchous de Bruxelles.
Laurence s'est beaucoup partagée entre ses locataires, sa copine Monique et sa fille. Mais que devient le beau Florian, le père de l'amoureux de sa fille, à qui Laurence voue une passion totale?
Laurence n’avait pas le moral mais il fallait reconnaître que la journée avait été rude. Elle avait commencé par aller conduire sa meilleure amie Monique à l’aéroport non sans ressentir un petit nœud dans l’estomac. Ce n’est pas qu’elle avait envie de faire le même voyage qu’elle (une semaine «all inclusive» en club-hôtel à Gran Canaria, ce n’était pas son genre) mais au moins, elle partait en voyage!
Puis elle avait salué ses locataires qui s’étaient donné le mot pour quitter tous le même jour la maison de la rue d’Avril. Ludo rentrait en France avec la ferme intention d’en profiter pour (selon son expression élégante) faire «fondre de la nénette». De son côté, Vincianne rentrait à Neufchâteau avant de partir avec ses parents faire une grande rando sur le GR20 en Corse. Last but not least, Tiziano le Romain avait bouclé ses valises pour retrouver Rome, ses gelati, son café, sa pasta, ses lunettes solaires et bien sûr… ses ragazze!
Une fois tout ce petit monde parti, Laurence s’était retrouvée bien seule dans sa grande maison de la rue d’Avril. Au moins savait-elle que sa fille Al n’habitait pas très loin de chez elle. En veillant à ne pas se montrer trop envahissante, elle pourrait passer de temps à autre la saluer dans son kot. Elle reçut le coup de grâce quand sa fille lui annonça qu’elle partait avec Sam faire du camping en Bretagne.
Seule! A Bruxelles! Alors que le monde entier avait plié bagages, Laurence se retrouvait esseulée après une année où il lui semblait qu’elle n’avait pas eu le temps de souffler! Quel enfer!
Cela faisait deux jours qu’elle n’avait plus eu de nouvelles de son cher Florian. 48 heures de silence et pas l’ombre d’un SMS. Pas la moindre trace de message dans sa mailbox. Et ne parlons pas d’un hypothétique (mais romantique) pigeon voyageur ou de signaux de fumée.
Silence radio!
Quel ingrat!
L’homme pour qui elle avait tout fait et tout subi! Des stages d’harmonie personnelle qui lui avaient causé des douleurs mémorables aux genoux. Un régime drastique pour entrer dans son maillot et songer à s’allonger langoureusement à ses côtés sur la plage. La perte de sa chère fille Al qui avait été enlevée par Sam, son fils à lui! Tout cela pourquoi? Pour rien! Cet ingrat n’avait même pas pensé à elle alors qu’il savait très bien qu’elle était désormais seule au monde et qu’elle avait terriblement besoin d’un gros câlin.
Jamais Laurence ne s’était sentie autant desperate housewife que ce soir-là. Décidément, les hommes étaient bien tous les mêmes! Elle songea à ouvrir un paquet de chips poivre et sel (ses préférés) et puis se ravisa. La perspective de la plage n’était pas tout à fait évanouie. Elle s’empara alors de son GSM et décida d’effacer les coordonnées de l’homme qui l’avait laissée tomber comme une vieille chaussette au seuil de l’été.
Elle venait de sélectionner «Florian» dans son carnet d’adresses quand elle vit qu’elle avait reçu un message.
Tiens, tiens…
En France, le ministre de l'Education a évoqué la fermeture des écoles en cas de contamination. Trouvez-vous cela envisageable en Belgique? Et si 'oui', qui garderait les enfants?
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Comment donner à la fois des vitamines à nos enfants et un petit coup de pouce au secteur agricole? En distribuant de manière hebdomadaire et gratuite des fruits et légumes dans les écoles. Comment trouvez-vous cette initiative des Communautés flamande et française?
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Un client doit-il subir la mauvaise humeur d'un employé? Un employé doit-il subir la mauvaise humeur d'un client? Est-ce la même chose?
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C'est l'été, et Laurence, qui a réglé bien des problèmes ces derniers mois, peut se laisser aller à rêver...
Depuis que Laurence avait réglé son cas de conscience face à la crise de l’économie mondiale en craquant pour un ensemble non soldé de la nouvelle collection, elle se sentait prête à affronter de nouveaux défis. L’été était déjà (bien) là et elle n’avait toujours pas de projet de vacances. Il faut dire que les circonstances et la conjecture avaient rendu l’idée d’un voyage presque inenvisageable.
Il y avait tout d’abord la crise économique. Une petite voix lui murmurait à l’oreille qu’on ne pensait pas aux vacances quand le monde sombrait. Puis elle songeait au fait que sa fille Al avait décidé d’emménager avec son petit ami à quelques encablures de la rue d’Avril. Enfin, il y avait son petit ami Florian dont elle s’attendait à ce qu’il lui fasse une proposition. Malheureusement pour elle, l’invitation se faisait attendre.
Ces trois paramètres avaient rendu la perspective d’un voyage de plus en plus hypothétique pour ne pas dire improbable. Ce matin-là, en se levant, Laurence jeta un coup d’œil sur le ciel qui se révéla aussi gris que le costume de son conseiller placements à la Gravis Banque. A cet instant précis, elle se dit qu’il était grand temps de larguer les amarres et tant pis si personne ne lui proposait une escapade… elle était bien déterminée à se débrouiller toute seule!
Elle alla pianoter sur internet pour découvrir les offres des compagnies low cost. Pourquoi pas un petit week-end à Rome ou à Lisbonne? Ce serait sympa! Son amie Monique lui avait dit qu’il y avait des offres à saisir et elle entreprit donc de ses découvrir. Un vol pour Rome à 50 €? Génial! Voilà un tarif raisonnable se dit-elle, en cliquant pour confirmer les dates de départ et d’arrivée. Arriva ensuite la première question sur l’écran:
- Avez-vous un bagage en soute?
Laurence tapa «oui» et s’aperçut que sa note augmentait de 25 €… à condition de ne pas dépasser les 12, 275 kg permis. Elle poursuivit néanmoins la procédure informatique et découvrit la nouvelle question:
- Désirez-vous une assurance annulation?
Partant du principe qu’«on ne sait jamais ce qui va arriver», elle tapa «oui» et sa note s’alourdit de 25 autres euros. S’ajoutèrent ensuite une foultitude de questions liées à l’embarquement prioritaire, au repas à bord, au parking à l’aéroport, à la connexion en bus avec le centre ville, la taxe d’aéroport… Pour être complet, il ne manquait plus que le supplément WC, le sourire de l’hôtesse, le droit à prétendre à un parachute en cas de chute et l’option ceinture de sécurité.
Une fois arrivé à la fin de son questionnaire, son billet d’avion à 50 € s’était, comme par miracle, transformé en 250 €… Laurence déglutit en voyant la somme s’afficher sur l’écran de son ordinateur. Elle faillit cliquer sur l’onglet «j’accepte les conditions du contrat» et fut soudain prise d’un doute immense. Tout cela ne ressemblait-il pas à une grosse arnaque?
Elle sortit de cette fenêtre, quitta le site de la compagnie qui ne manque pas d’air et ferma son ordinateur avec l’expression satisfaite de celle qui ne s’était pas faite pigeonner. Après tout, elle pouvait bien attendre encore un peu, le temps que Florian l’invite!
Vos ados participent-ils spontanément aux tâches ménagères? Lesquelles? Comment avez-vous fait pour obtenir de bons résultats?
Merci de nous envoyer vos astuces!
Une délicieuse odeur de cahiers tout neuf et de goûter? Une plage abandonnée? Un ado (encore) sans école? La nouvelle collection automne-hiver dans les vitrines? Un petit pincement au coeur à l’idée d’affronter l’école? Des tas de bonnes résolutions?
Dites-nous tout!
Maintenant que Laurence a digéré le départ de sa fille Al, qui vit désormais avec son cher Sam, elle peut à nouveau s'intéresser au monde, qui ne va pas bien...
Laurence avait de quoi être soulagée… Deux locataires sur trois avaient signé pour l’année prochaine et il ne lui restait plus qu’à trouver le candidat idéal pour compléter son casting. Cela ne suffisait pourtant pas à la rassurer complètement. Il y avait comme une ombre noire et menaçante qui s’échinait à assombrir son quotidien. Une ombre qui portait le nom effrayant de «crise».
Dès le matin, le stress commençait avec le journal à la radio. Peu importait la station qu’elle choisissait, c’était toujours le même refrain: annonces de licenciements, plans d’économie, délocalisations, augmentation de la dette… Allez garder le moral après tout ça! Il y avait même de quoi compter le nombre de céréales versée dans le bol et à en remettre quelques-unes dans leur boîte pour ne pas en manquer le lendemain!
Puis cela s’enchaînait dès qu’elle quittait sa maison de la rue d’Avril. Les titres alarmistes des journaux chez le libraire, les discussions sur le coût de la vie à la caisse du supermarché, les publicités en 20m2 invitant à combattre la crise… A chaque coin de rue surgissait le spectre de la récession et de la chute du pouvoir d’achat. Comme dirait Olivia Ruiz, dans ce genre de situation, Laurence paniquait
Un indice aurait pourtant dû la renseigner sur ce début de déprime de crise: elle avait laissé passer la période des soldes sans craquer!
Vous avez déjà essayé vous de résister à la tentation d’un grand «- 50 %» ou «Prix sacrifiés» ou «Tout doit partir!» qui vous tend les bras en pleine vitrine? Laurence avait toujours imaginé que les soldes étaient la meilleure manière d’économiser de l’argent tout en se faisant plaisir mais, pour la première fois, elle s’était interdit ce genre de petit plaisir.
Même chose pour les restos (un autre de ses péchés mignons) qu’elle avait remplacés par des petits dîners «surgelés» à la maison. Et s’il y avait des restes tant mieux, elle les terminait le lendemain! Chaque dépense faisait désormais l’objet d’une évaluation précise digne du ministre du budget.
Le plus étrange dans cette histoire, c’est que la situation financière de Laurence était loin d’être alarmiste. Ses rentrées avaient même légèrement progressé grâce à la location des chambres de la rue d’Avril. Non, le problème était que Laurence ne se sentait pas la conscience tranquille. Comme tout le monde parlait de la crise, elle ne sentait pas le droit de se laisser aller à la dépense. Question de solidarité et de civisme planétaire. A bas le gaspi! Sus au superflu! Vive la récup!
Puis vint ce jour où elle eut un éclair de génie.
Et si tout le monde faisait comme elle? Si plus personne ne dépensait rien du tout? Si tout le monde zappait le restaurant? Que se passerait-il? Les restos fermeraient. Idem pour les magasins, les bars… Quelle angoisse!
Tout d’un coup, Laurence se dit que le poids tout entier de la reprise de l’économie mondiale pesait sur ses épaules. Elle jeta son portefeuille dans son sac et quitta sa maison de la rue d’Avril. Elle se dirigea vers son magasin de mode préféré et snoba les dernières soldes encore disponibles dans un vieux rayon relégué dans un coin de la boutique. Elle se précipita sur le rayon «nouvelle collection» et craqua pour un joli ensemble veste, top et pantalon. Quand elle eut délesté sa carte de crédit de ses 289 €, elle afficha un large sourire à la caissière. La reprise était en marche!
Grâce à Laurence, l’économie mondiale était sauvée et son moral était revenu au beau fixe!
Dans certains pays européens, il est permis de se faire inséminer le sperme de son conjoint si celui-ci est décédé. Qu'en pensez-vous?